Fournir une aide macrofinancière à la Jordanie
Ce texte prévoit une assistance macrofinancière de 500 millions d’euros à la Jordanie, car elle répond à une situation géopolitique et humanitaire extrêmement sensible, tout en reposant sur un instrument que nous continuons de juger problématique.
La Jordanie joue un rôle central dans la stabilité régionale et fait preuve, depuis des années, d’un engagement exceptionnel dans l’accueil des réfugiés palestiniens et syriens. Dans le contexte actuel, marqué par la guerre à Gaza et l’aggravation des tensions régionales, un soutien européen est nécessaire pour éviter une déstabilisation économique et sociale majeure.
Toutefois, cette aide prend exclusivement la forme de prêts, conditionnés à la mise en œuvre d’un programme du FMI et à des réformes supplémentaires définies dans un protocole d’accord. Ces conditionnalités, centrées sur l’assainissement budgétaire, la mobilisation accrue des recettes et la réforme des politiques sociales et de l’emploi, risquent d’exercer une pression supplémentaire sur les services publics et les dépenses sociales dans un pays déjà fortement endetté. L’UE aurait dû privilégier davantage des subventions, pour soutenir les services publics, l’aide humanitaire et l’accueil des réfugiés, plutôt que d’alourdir encore le fardeau de la dette.
Je me suis donc abstenue.